Contexte et tendances du marché M&A 2023 :
Alors que 2021 était marqué par un regain d'activité postpandémie, le marché du M&A a nettement chuté en 2023, avec une réduction significative tant en valeur avec -21 % qu’en volume avec -28 %. En 2023, le marché des fusions et acquisitions (M&A) en zone euro a été marqué par une baisse de 10 % du prix d'acquisition des PME non cotées, sous l'effet de facteurs défavorables tels que l'inflation, la hausse des taux d'intérêt, un ralentissement de la croissance et des tensions géopolitiques. Néanmoins, au quatrième trimestre, les prix et l'activité M&A se sont stabilisés, notamment en raison d'un ralentissement de l'inflation et d'une baisse des taux d'intérêt à long terme.
Le prix d’acquisition moyen des PME s'est stabilisé à 9,0x l’EBITDA, proche de la moyenne des vingt dernières années. On observe une convergence des prix entre différents segments de marché, avec une différence réduite entre le haut et le bas du mid-market. 40 % de transactions ont été effectuées à des multiples extrêmes. Les opérations réalisées avec multiples inférieurs à 7x l’EBITDA représentent 28 %. A l’inverse, les opérations avec multiples supérieurs à 15x l’EBITDA ont diminué à 12 %.
›Malgré une chute globale du marché des transmissions d’entreprises, l'activité M&A mid-market en zone euro a montré une résilience significative au quatrième trimestre, enregistrant un rebond notable après une année en baisse.
Sur le plan sectoriel, les entreprises de services dominent le marché potentiel de transmission avec 71,1 %, suivies par les commerces (14,7 %), la construction (9,8 %) et l'industrie (4,1 %). Cette répartition reflète la structure globale de l’économie française. En parallèle, la majorité des entreprises (70,1 %) dirigées par des personnes de plus de 55 ans n'emploient aucun salarié ou peu (entre 1 et 9 salariés pour 24,2 %). Ces chiffres soulèvent d'importantes questions quant à la pérennité de ces structures.
Avec 84 100 emplois menacés chaque année en Île-de-France, la question de la reprise est plus que jamais cruciale. Les profils des cédants et des repreneurs diffèrent grandement, une réalité nécessitant une meilleure compréhension afin d’appréhender et faciliter les transmissions. Un accompagnement plus important ainsi qu’une mise en place d’aides complémentaires à la reprise sont nécessaires pour la transmission de ces entreprises nécessitant un spécialiste du métier. Or, les parcours afin de solliciter ces aides sont longs et complexes.
Perspectives Optimistes pour la Transmission d'Entreprise en 2024 dans le Secteur du BTP
Les professionnels du M&A s'attendent à une reprise graduelle, soutenue par un environnement de taux d'intérêt plus favorable et une attention renouvelée sur les secteurs mid et small caps. La hausse de 15 % à 23 % en 2021, des dirigeants ayant 60 ans et plus, offre une meilleure perspective du nombre d’opérations. La dynamique post covid fut très importante, les rachats nombreux. Mais le marché a désormais besoin de souffler. Le secteur de la construction, parmi les plus touchés suivant la pandémie, a également fait face à une crise des prix des matériaux liée à l’inflation. Dans le secteur du BTP, les plus optimistes voient certaines opportunités : la préparation des jeux olympiques et paralympiques, les chantiers du Grand Paris, la croissance des exigences environnementales.
Face à un marché du M&A en crise et à des défis persistants dans la transmission des entreprises, 2023 aura été une année de réflexion et d'ajustement. Les facteurs contribuant à une faible année 2023 restent d’actualité. Cependant, les perspectives s’améliorent petit à petit.
En somme, l'année 2024 se voit porteuse d'opportunités et de transformations positives sur le marché des M&A, bénéficiant à la fois aux entreprises et à leurs collaborateurs.
